18.9.11

GIRLS - FATHER, SON, HOLY GHOST

L’esprit de la pop résumé en un mot: les filles.


Une obsession présente dans le cœur et l’esprit des musiciens qu’il n’est plus besoin de présenter. 
Si leurs chansons ne portent pas le nom d’une fille, c’est qu’elles parlent d’une fille, et  si elles n’en parlent pas c’est qu’elles ont été écrites pour une fille.
Et ce n’est pas par hasard qu’un des meilleurs albums de ces dernières années est né d’une rupture déchirante. On en remercierait presque cette Emma, sans laquelle Bon Iver n’aurait sans nul doute jamais sorti le fabuleux « For Emma, Forever ago ».

« Father, Son Holy Ghost » est un peu né de la même façon; c’est suite à une rupture douloureuse que Christopher trouve l’inspiration pour le second album du groupe
Car les californiens fonctionnent sur un schéma complémentaire : Christopher Owens est le principal compositeur et parolier, tandis que Chet « JR » White produit et joue de la basse.

D’ailleurs, des femmes, on en parle dans cet album. Les paroles traitent de cœur brisé, d’amours à sens unique, de je t’aime – moi non plus, tantôt sur des basses lascives et des chœurs très « shalala », tantôt sur des guitares saturés et des riffs énergétiques.

Dans la déchirante et tendre ballade « My ma' », les choeurs caressants côtoient directement les plaintes d'une jeunesse perdue et brisée qui en appelle au repère maternel désormais perdu.


S'enchaîne un « Vomit » empli d'une cruelle grâce, la vaine quête d'un amour (qu'on ne trouvera pas) ponctué, d'une guitare déversant toute la frustration en résultant.


Le très électrique « Die »  rappelle à coup de guitares saturées, de distorsions, et d’un rythme purement californien que le duo est capable de trouver cet équilibre (si dur à atteindre) entre rage dynamique, et douceur.


Si l'album est très bon, c’est un peu là qu'il puise sa force et sa particularité, une habile cohabitation de rock dans sa forme la plus claire, et de cette poésie fantasque qui nous transperce le cœur en 11 morceaux chrono.

A la fin de l'écoute de l'album, une drôle de sensation résulte de ce voyage au coeur du deuil amoureux, un petit vide que l'on retrouve dans les dernières paroles de Chris :
« I miss the way life was when you were my girl ».

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